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mercredi 26 mars 2014

Les Gens d'Edward Bond

Quelques éléments complémentaires au cours sur la pièce Les Gens d'Edward Bond, mise en scène par Alain Françon




Tout d'abord une critique de Léna Martinelli , bon point de départ pour se remettre un peu la pièce en tête, mais aussi pour confronter sa propre opinion à la lecture de cette pièce proposée ici.
 "Une sombre méditation sur la mort" :
http://www.lestroiscoups.com/article-les-gens-d-edward-bond-critique-theatre-gerard-philipe-a-saint-denis-122337161.html

À la rencontre de l'auteur :

Tout d'abord, voici sur Youtube une vidéo très brève, de 2 mn 20, constituée, par alternance, d'extraits de la pièce et de paroles de l'auteur.
 
À la question suivante : "Où est l'espoir dans vos pièces ?", E. Bond dit répondre deux choses :
  • premièrement : une citation de Dostoïevski : "Seuls les gens petits d'esprit veulent de l'espoir."
  • deuxièmement : mon espoir est dans les spectateurs
Reportage d'Arte journal, du 17/01/2014 : le théâtre radical d'Edward Bond, en 2 mn 33.
http://www.arte.tv/fr/le-theatre-radical-d-edward-bond/7765426,CmC=7765466.html
Bon à noter :
  • La journaliste évoque le théâtre de Bond en ces termes : " Un voyage au bout de l'enfer dans un monde de folie et de mort."
  • Edward Bond pour sa part, après avoir évoqué de grandes oeuvres tragiques telles qu'Hamlet ou encore Phèdre, déclare : "Donner au public du divertissement revient à trandsformer l'être humain en marchandise. Je ne suis pas venu au monde pour être diverti. Je veux plus."

mardi 18 mars 2014

Les Justes, théâtre et représentation

LES JUSTES de Camus, une pièce jouée en 2010


 
La mise en scène de la pièce de Camus, Les Justes (1949), par Stanislas Nordey en 2010 a fait grand bruit. D'abord parce qu'il s'agit d'un metteur en scène réputé mais aussi du fait des comédiens avec lesquels il a travaillé , notamment Emmanuelle Béart (dans le rôle de Dora) et Wajdi Mouawad, le comédien et auteur dramatique libano-franco-canadien, auteur d' Incendies, dans le rôle de Stepan.


Un lien pour visionner un extrait du spectacle :

http://www.arte.tv/fr/theatre-les-justes-de-camus/3109434,CmC=3109310.html


Emmanuelle Béart et Wouajdi Mouawad.
 
    Autre lien ci-dessous : Petite lecture de Stanislas Nordey d'une partie de l'extrait 2 étudié en classe : la justification donnée par Kaliayev pour ne pas avoir lancé la bombe.
 
Sur le site - de référence - theatrecontemporain.net vous pourrez regarder cinq vidéos où Stanislas Nordey expose sa conception de la mise en scène des Justes. Le lien est :
 
 
Et si vous voulez en savoir un peu plus sur Camus et son intérêt pour Les Possédés, roman de Dostoïevski, qu'il a adapté pour le théâtre, vous pouvez regarder cette interview de Camus lui-même. Dans Les Possédés, il est question de Netchaïev et du meurtre de l'étudiant Ivanov, dont nous avons parlé en classe - à travers l'évocation du nihilisme et le personnage de Stepan.

mardi 11 décembre 2012

(1) Rédiger une préface d'anthologie poétique

Voici quelques extraits de préfaces réussies pour la composition d'anthologies baudelairiennes

 Les élèves ont choisi entre 4 et 6 textes tirés des Fleurs du Mal et les ont introduit en rédigeant une préface.

Le travail de Ségolène : ANTHOLOGIE (1)

[intro, non donnée]

   Notre anthologie s’ouvrira sur le poème « Obsession », dans lequel le poète se sent opprimé par les ténèbres du monde dans lequel il vit et où sa haine est grandissante. Il exprime un malaise très présent qui fait naître le spleen, la nostalgie et la haine.
Nous poursuivrons notre étude avec le poème « L’Horloge», dans ce poème le poète exprime son angoisse face au temps qui passe. Dans cet anthologie, ce poème est illustré par un tableau de Harmen Steenwijck intitulé Vanité (1640).
Nous verrons également dans « L’Ennemi » que le poète prend conscience que le temps et l’ennui ne lui sont pas favorables. Il associe le temps aux saisons. Baudelaire regrette que celui-ci passe trop vite, quil lempêche de finir ce quil a commencé.
Puis nous continuerons avec « Le Goût du Néant » où le poète s’habitue à l’ennui qui le hante. C’est un poème frappé de désespoir, personnel et particulièrement lyrique.
Enfin, nous fermerons cette anthologie baudelairienne sur « Spleen » « Je suis comme le roi d’un pays pluvieux,… »; Baudelaire y exprime son ennui auquel il n’y a qu’une fin funeste. Ce poème est également illustré, ici par l’« Enfant géopolitique observant la naissance de l’Homme nouveau », peinture de Salvador Dalì.
Notre anthologie illustre donc le thème du temps qui passe et qui laisse derrière lui le spleen, la mélancolie, parfois la nostalgie qui inspirent le poète et le conduisent dans un voyage d’idéalisation et d’exploration de la misère de l'homme.
Dans un premier temps nous définirons les caractéristiques du spleen baudelairien. Puis dans un second temps, nous verrons que le Temps anéantit le poète, qui laisse place à la mélancolie. Enfin, dans un dernier temps nous verrons que la poésie est, pour Charles Baudelaire, un moyen d’exister même si ce doit être au milieu des souffrances de la vie.
    
 
« Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes ! »
 
L’Élévation, section Spleen et Idéal, Les Fleurs du mal 
de Charles Baudelaire.

 
« Mélancolie » de Domenico Fetti (1588-1623), c’est une huile sur toile datant, environ, de 1622. Ses dimensions sont de 179 cm sur 140 cm. Ce tableau se trouve à la Galerie de l’Académie de Venise.
   

Baudelaire écrit, dans "Mon Cœur mis a nu", un de ses journaux intimes qui a été publié :  
«Tout enfant, j'ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires : l'horreur de la vie et l'extase de la vie.». Le spleen baudelairien est très caractéristique. Il représente l’ennui profond de l’être humain face aux événements de la vie. Le poète dans un état de spleen manifeste un tempérament nostalgique, une grande tristesse face à l’environnement dans lequel il évolue. Une variante à ce spleen est-ce que Baudelaire appelle la mélancolie. Cet état d’âme place le sujet, ici le poète, dans l’obsession du passé, l’angoisse de l’avenir, et donc l’incapacité de vivre le présent. La fuite du temps devient alors une obsession, une angoisse et même un ennemi pour le poète.
Les poèmes de Baudelaire présentés dans l
anthologie qui suit évoquent principalement le spleen, la mélancolie face au temps qui passe inexorablement. Les caractéristiques du spleen baudelairien sont parfaitement bien présentées dans le poème « Spleen », « Je suis comme le roi dun pays pluvieux, ». Dans ce poème, le poète est représenté par le roi. Ce roi gouverne un royaume « pluvieux » (vers 1), où la pluie et le froid semblent être constants. On retrouve cet état qui dur au vers 17, auquel on ne fait plus allusion au pays mais au « cadavre hébété » que lon ne peux réchauffer. Le poète/roi est si profondément ancré dans son ennui que rien ne peut len sortir. Le roi demeure incapable de sentiment, de désir, rien ne réussit à le distraire, ni la chasse (vers 5), ni le « bouffon» (vers 7) pas même « son peuple mourant » (vers 6). C'est un « cruel malade » (vers 8), et cette cruauté est le fruit de son ennui. Cet ennui affaiblit et finira par anéantir le poète. Dans ce poème cet anéantissement est traduit par la mort, on le perçoit par les termes croissant du « cruel malade » (vers 8), qui devient un « jeune squelette » (vers 12) et enfin un « cadavre hébété » (vers 17). On sent ainsi le poids du temps qui pèse sur le poète confronté au spleen.On voit donc que le spleen installe langoisse et la douleur dans lesprit du poète qui ne peut les fuir. Ce sentiment dimpuissance face à lennui est également repris dans le poème « LHorloge » avec les vers 3 et 4 : « Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi / Se planteront bientôt comme dans une cible; ». Ces vers expriment le fait que le poète ne peux pas échapper au méfaits du temps et a lennui qui le hante.
Le spleen baudelairien se traduit aussi et surtout par la hantise du temps qui passe. Ainsi dans « LHorloge » Baudelaire réduit la vie humaine à une seule saison, et donc la durée de vie, alors que la tradition poétique associait les quatre saisons à la vie. Le printemps représentait la jeunesse, lété figurait lâge mûr, lautomne la vieillesse et enfin lhiver revoyait à la mort. Cette durée de vie, déjà limitée par le poète, est dévorée par le temps (vers 7). On peut alors rapprocher ce poème des vers 10 à 12 du poème « Le Goût du néant » ou encore de la dernière strophe de « LEnnemi ».
Le spleen conduit le poète à chercher alors « le vide, et le noir, et le nu » (vers 11, dans le poème « Obsession »)
 
 
Anthologie Baudelairienne
   
Obsession
1 Grands bois, vous m’effrayez comme des cathédrales;Vous hurlez comme l’orgue; et dans nos cœurs maudits,
Chambres d’éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.
5 Je te hais, Océan ! tes bonds et tes tumultes,Mon esprit les retrouve en lui, ce rire amer
De l’homme vaincu, plein de sanglots et d’insultes,
Je l’entends dans le rire énorme de la mer.
Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles
10 Dont la lumière parle un langage connu !Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon œil par milliers,
Des êtres disparu aux regardes familiers.
 
 
L’Horloge
1 Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi ! 

Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;
5 Le Plaisir vaporeux fuira vers l’horizonAinsi qu’une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
À chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
10 Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voixD’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor ! (mon gosier de métal parle toutes les langues.)
15 Les minutes, mortel folâtre, sont des ganguesQu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C’est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente, souviens-toi !
20 Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tu te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! 


 
L’Ennemi
1 Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
5 Voilà que j’ai touché l’automne des idées, Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
10 Trouveront dans ce sol lavé comme une grèveLe mystique aliment qui ferait leur vigueur ?
- Ô douleur ! ô douleur ! Le temps mange la vie,
Et l’Ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
 
 
 
Le Goût du Néant
1 Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte, L’Espoir, dont l’éperon attisait ton ardeur,
Ne veut plus t’enfourcher ! Couche-toi sans pudeur,
Vieux cheval dont le pied a chaque obstacle butte.
5 Résigne-toi, mon cœur; dors ton sommeil de brute.Esprit vaincu, fourbu ! Pour toi, vieux maraudeur,
L’amour n’a plus de goût, non plus que la dispute;
Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte !
Plaisirs, ne tentez plus un cœur sombre et boudeur !
10 Le Printemps adorable a perdu son odeur ! Et le temps m’engloutit minute par minute,
Comme la neige immense un corps pris de roideur;
Je contemple d’en haut le globe en sa rondeur
Et je n’y cherche plus l’abri d’une cahute.
15 Avalanche, veux-tu m’emporter dans ta chute ? 
 
Spleen
1 Je suis comme le roi d’un pays pluvieux, Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux,
Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S’ennuie avec ses chiens comme avec d’autres bêtes.
5 Rien ne peut l’égayer, ni gibier, ni faucon, Ni sont peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesques ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
10 Et les dames d’atour, pour qui tout prince est beau,Ne savent plus trouver d’impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l’or n’a jamais pu
De son être extirper l’élément corrompu,
15 Et dans ces bains de sang que des Romains nous viennent,Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
Il n’a su réchauffer ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l’eau verte du Léthé.

L’illustration renvoie au poème « Spleen » « je suis comme le roi d’un pays pluvieux,… » dans son intégralité. 


Tableau de Salvador Dalì intitulé « Enfant géopolitique observant la naissance de l’Homme nouveau » datant de 1943. C’est une huile sur toile, de dimension 46 cm sur 52 cm. Ce tableau se trouve au Salvador Dalì Muséum St Petersburg, en Floride (États-Unis).
 

  
 
 

(2) Rédaction de préface pour une anthologie poétique

Voici quelques extraits de préfaces réussies pour la composition d'anthologies baudelairiennes

 Les élèves ont choisi entre 4 et 6 textes tirés des Fleurs du Mal et les ont introduit en rédigeant une préface.

 Le travail de Marion, ANTHOLOGIE (1) : son introduction, sensible et intéressante

Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire est une œuvre poétique qui pousse le lecteur dans ses retranchements intérieurs, elle est tellement sincère et franche que Baudelaire sera trainé en justice en 1857. De ce fait, et après la censure de plusieurs poèmes du recueil, le poète a du remanier et transformer son œuvre à maintes reprises, il n’a d’ailleurs jamais pu réellement terminer son travail et y mettre un point final.
Dans son recueil, Baudelaire couche sur le papier ses émotions, ses sentiments, ses peurs… Mais ses poèmes sont avant tout adressés directement aux lecteurs, ils parlent de tourments communs, de plaisirs universels. Le poète tente, au travers de ses écrits, de nous montrer sa propre vision du monde et de redéfinir le bien et le mal. Nous partageons les mêmes souffrances parce que nous sommes humains, et c’est pour cela que Baudelaire touche tout le monde (en bien ou en mal) au travers de ses textes. Il ne s’interdit aucun sujet et parle de la mort, de la vie, de l’ennui, de l’amour, du désir, de la souffrance… C’est en parlant ainsi de la condition humaine que le poète nous rapproche de lui. Dans son poème « Au lecteur » il dit du lecteur qu’il est « – [son] semblable, – [son] frère ! ».
Dans « Spleen et Idéal », Baudelaire traite des deux extrêmes de nos émotions : la tristesse, la mélancolie profonde, et l’extase. On peut le voir notamment au travers de ses textes sur les femmes, la passion, le désir et l’amour. Ce sont particulièrement ces genres de poèmes qui lui valurent la censure. On trouve également beaucoup d’exotisme dans les poèmes de Baudelaire dû en partie à son voyage forcé vers l’Inde en 1841 à l’âge de 20 ans. Sa manière de traiter le sujet des femmes est empreinte de cette touche étrangère, les poèmes « Parfum exotique » ou « A une dame créole » montrent très bien l’influence que son voyage a eu sur son écriture. Les décors mis en place en sont les parfais témoins : « une île paresseuse », « verts tamariniers », « charmants climats »… Dans les poèmes de « Spleen et Idéal » on retrouve une idée importante dans l’œuvre Baudelairienne : le passage de la réalité (du corps) à l’esprit.
Les textes choisis pour cette anthologie permettent de mettre en évidence ces aspects des poèmes de Baudelaire. Individuellement ou associés ils expriment les différentes phases émotionnelles Baudelairiennes : l’idéal et le spleen, le corps et l’esprit ; mais aussi les différents cadres : l’univers quotidien et l’univers exotique.

Le travail de Ségolène : ANTHOLOGIE (2) - cf autre message

Le travail de Mélanie, ANTHOLOGIE (3) : extrait 

Le tableau décrit par Baudelaire dans « Parfum exotique » n'est pas sans rappeler l'univers paradisiaque de « La vie antérieure ». Effectivement, la description des paysages met en avant la splendeur, l'exotisme. C'est un univers coloré, où se mêlent l'azur du ciel et les couleurs du soleil couchant. C'est un monde de lumière. Ces deux textes sont en fait comme des toiles où seraient peints des « rivages heureux ». Quand vous lirez « La vie antérieure » et « Parfum exotique », vous ressentirez le calme et la sérénité du poète : « C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes ».
Dans ces deux poèmes, la beauté des paysages et l'harmonie de la nature semblent représenter l'Idéal. Même si, je l'admets, à la fin de « La vie antérieure », le poète retombe dans le Spleen.

Le rêve, Henri Rousseau, 1910
« Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux »
Les cinq poèmes que j'ai choisis ont pour thème commun la mer. Néanmoins, Baudelaire ne le traite pas toujours de la même manière.
Vous serez étonnés par la façon dont il utilise, dans « La musique », la métaphore filée du voyage maritime pour nous faire part de son ressentit lorsqu'il écoute de la musique : « La musique souvent me prend comme une mer ! ». L'écoute d'un morceau de musique devient un voyage en voilier. Le mouvement de la mer correspond aux variations de la musique mais aussi au passage entre Spleen et Idéal. Le poème se conclue sur l'image du miroir : la mer reflète l'état d'âme du poète.
Cette image est reprise dans « L'homme et la mer ». Ce poème montre la fascination de Baudelaire pour la mer qu'il croit à notre image. L'homme et la mer sont mis face à face : « La mer est ton miroir ». Cependant, bien qu'ils soient « frères », ils ne cessent d'être en conflit.
Il utilise la mer dans son sens propre. Elle fait partie des paysages paradisiaques évoqués dans « La vie antérieure » et « Parfum exotique ».
Pour finir, il se dégage des cinq poèmes que je vous invite à lire une impression de liberté et souvent aussi de protection grâce à la représentation de la mer. En effet, les premiers vers de « La vie antérieure » et de « La musique » donnent immédiatement une sensation d'espace : « dans un vaste éther ». De plus, on trouve le champ lexical de la liberté dans le poème « L'homme et la mer » : « Homme libre, toujours tu chériras la mer ! ». L'île de « Parfum exotique » peut évoquer le paradis originel, un lieu protecteur et le port représente un refuge mais aussi une ouverture vers le monde, un moyen de s'évader. Enfin, dans son poème « Le serpent qui danse », Baudelaire s'évade « comme un navire qui s'éveille ».

J'aime cette idée de liberté. Liberté de lire, d'écrire, de voyager...
 

samedi 25 août 2012

LE SURRÉALISME

Max Ernst, Au Rendez-vous des amis,1922,

 huile sur toile de 130.00 par 95.00 cm
On y distingue entre autres:  Paul Eluard (juste sous le cercle central, en gris et debout), Aragon, en face de lui, derrière le bras levé d'André Breton. Robert Desnons pour sa part est assis en bas sur la droite, en complet bleu-gris. Max Ernst, le peintre de la toile, est assis au premier rang tout à fait à gauche : il porte des cheveux blancs et lève la main au niveau de la barbe de Fédor Dostoïevski (dont les descriptions réalistes sont critiquées dans le Manifeste du surréalisme), tout droit sorti de l'histoire récente de la littérature. Pour ce citer que ceux-là...

Dadaïsme et naissance du surréalisme

DADAÏSME, n.m. - L'école, le mouvement dada.
DADA n.m. - Dénomination adoptée par un mouvement artistique et littéraire révolutionnaire en 1916.
" Dada naquit d'une révolte qui était commune à toutes les adolescences." (Tristant Tzara)
Le Petit Robert, 2002
"Ainsi naquit DADA d'un besoin d'indépendance, de méfiance envers la communauté. Ceux qui appartiennent à nous gardent leur liberté. Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous avons assez des académies cubistes et futuristes (...). Fait-on de l'art pour gagner de l'argent et caresser les gentils bourgeois ? [p.22-23](...)
Chaque homme crie :  il y a un grand travail destructif, négatif à accomplir. Balayer, nettoyer. La propreté de l'individu s'affirme après l'état de folie, de folie agressive, complète, d'un monde laissé entre les mains des bandits qui déchirent et détruisent les siècles. Sans but ni dessein, sans organisation : la foli indomptable, la décomposition. [p.33]

DÉGOÛT DADAÏSTE
Tout produit du dégoût susceptible de devenir une négation de la famille, est dada ; protestation aux poings de tout son être en action destructive : DADA ; connaissance de tous les moyens rejetés jusqu'à présent par le sexe pudique du compromis commode et de la politesse : DADA ; abolition de la logique, danse des impuissants de la création : DADA ; de toute hiérarchie et équation sociale installée pour les valeurs par nos valets : DADA ; chaque objet, tous les objets, les sentiments et les obscurités, les apparitions et le choc précis des lignes parallèles, sont des moyens pour le combat : DADA ; abolition de la mémoire : DADA ; abolition de l'archéologie : DADA ; abolition des prophètes : DADA ; abolition du futur : DADA ; croyance absolue indiscutable dans chaque dieu produit immédiat de la spontanéité : DADA ; saut élégant et sans préjudice d'une harmonie à l'autre sphère; trajectoire d'une parole jetée comme un disque sonore cri ; respecter toutes les individualités dans leur folie du moment : sérieuse, craintive, timide, ardente, vigoureuse, décidée, enthousiaste ; peler son église du tout accessoire inutile et lourd ; cracher comme une cascade lumineuse la pensée désobligeante ou amoureuse, ou la choyer — avec la vive satisfaction que c'est tout à fait égal — avec la même intensité dans le buisson, pur d'insectes pour le sang bien né, et doré de corps d'archanges, de son âme. Liberté : DADA DADA DADA, hurlement des douleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des grotesques, des inconséquences : LA VIE."
[.34-35, fin]
Citations extraites du Manifeste dada, 1918, de Tristan Tzara 

Modéles littéraires du surréalisme :

  • le "roman noir" du 18è s. "un genre où dominent (...) l'horreur et les ténèbres". (1) Auteurs : Walpole et son "château d'Otrante", Ann Radcliffe, von Arnim, Maturin, Lewis (Le Moine).
  • Dans la veine "romantique" europééenne : Lautréamont, Rimbaud, Berttrand, Nerval.

 

Et naquit le surréalisme...

" À rebours du nihilisme esthétique prôné par Tzara et les siens, les surréalistes se préoccupent d'une nouvelle définition de la peinture. Ils cherchent l'effet, peignent assez vite de grands tableaux emblématiques. Évidemment cela n'exclut pas que leur utilisation de la matière, leur technique et la liberté choquante dont ils font preuve dans leur rapport au métier remontent à Dada." (1)

1919 Première publication surréaliste : Les champs magnétiques d'André Breton et Philippe Soupault : premières expérimentations et applications de l'écriture automatique - au nombre des expressions-clés du surréalisme, avec celle de collage.

Dès ses débuts la "Révolution surréaliste" - du titre de la revue publiée dès 1924-25 - n'est pas limitée au domaine des arts ; elle entend prendre en compte un cadre socio-politique et s'engage, luttant par exemple contre les fascismes et s'engageant aux côtés de la révolution républicaine espagnole." En France aucun autre groupe intellectuel ne s'est employé à rattacher aussi concrètement son action au Parti communiste."  - (1) p.21. La relation cependant n'est pas sans heurt, les communistes ayant du mal à comprendre la Révolution surréaliste.

" L'oeil existe à l'état sauvage "



Dessin automatique d'André Masson, 1926-1926,
encre de chine sur papier, 30,35 par 24,10 cm

Par " état sauvage " il ne faut pas entendre le retour à la sauvagerie ou au primitivisme des premières sociétés humaines  mais " la pensée distincte de la pensée cultivée ou domestiquée en vue d'obtenir un rendement." Il faut faire table rase des conventions en se laissant emporter par la fureur.

André Masson a écrit : "Nous étions tous possédés du désir de dépasser l'intégrité plastique du cubisme."

C'est un univers empreint de la pensée d'Héraclite, d'une vision du monde qu'on ne saurait fixer dans sa fluidité : " Si notre oeil était seulement plus précis, nous verrions tout en mouvement " a déclaré Masson.
(1) Catalogue de l'exposition La Révolution surréaliste au Centre Pompidou en 2002 ; citations tirées de l'introduction rédigée par Werner Spies, commissaire de l'exposition.

Un lien émanant du Centre Pompidou sur L'Art surréaliste :
http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ens-surrealisme/ens-surrealisme.htm

lundi 20 août 2012

Les figures de style les plus fréquentes

LES FIGURES DE STYLE, également dites figures stylistiques ou procédés rhétoriques[1]


On distingue, pour ne citer que les plus fréquentes. :
Ø    Les figures de l’analogie et de la substitution, à savoir notamment la comparaison, la métaphore, la personnification, la métonymie et la périphrase ;
Ø    Les figures de l’opposition : l’oxymore (ou oxymoron), l’antithèse, l’antinomie, le paradoxe, …
Ø    Les figures de l’amplification : l’anaphore, l’hyperbole, l’énumération, l’accumulation, la gradation…
Ø    Les figures de l’atténuation : la litote, l’euphémisme, …


Les figures de l’analogie et de la substitution :


Il convient d’abord de préciser le sens de :
·         analogie : ressemblance, ce qui ustifie le rapprochement
·         et de substitution : remplacement

La comparaison est le fait de rapprocher deux éléments grâce à un mot ou une expression introduisant l’image, également appelé outil de comparaison (comme, pareil à, avoir l'air de ...), parce que ces deux objets présentent aux yeux de l’énonciateur un ou des points communs. Lorsqu’on analyse cette figure, on recherche par conséquent le comparé (A) et le comparant (B),  puis la ou les raisons du rapprochement ainsi opéré.
La métaphore est une image[2] très proche de la comparaison ; elle opère également un rapprochement mais sans recourir à un outil de comparaison et, bien souvent, en n’exprimant pas l’un des termes de la comparaison.
Exemples :           La jeunesse par sa verdeur et sa vitalité est semblable au printemps.
                            Le printemps de la vie ne m’a pas plus épargné(e) que ses autres saisons.
La personnification est une métaphore particulière et fréquente : elle attribue des traits humains à des objets, des idées, des sentiments ou des animaux. On parle par ailleurs d’animalisation pour les traits animaliers prêtés à des choses ou des êtres humains.
La métonymie est un procédé qui consiste à remplacer un mot par un autre ayant une relation logique avec lui. Ce procédé est fréquent dans le langage courant. Exemples : boire un verre (contenant pour le contenu), croiser le fer (matériau pour l'arme).
La périphrase remplace un mot par une expression équivalente qui fait ressortir un aspect d’un être ou d’une chose. Cette figure est très fréquente dans la langue classique (au 17è siècle), notamment afin d’éviter le caractère trivial (trop banal, quotidien) de certains mots.


Les figures de l’opposition :

 

L’antithèse oppose des termes, des idées dans un énoncé de manière à faire ressortir cette opposition.
L’antinomie est une contradiction entre deux principes, deux lois.
Le paradoxe est une idée qui va à l’encontre de l’opinion communément répandue ou la logique. 
L’oxymore est une alliance de mots contradictoires. Ex : « le soleil noir » (Baudelaire) – « cette obscure clarté des étoiles » (Corneille)
Le chiasme est une figure structurelle[3] : elle repose sur une organisation de la phrase dans laquelle deux éléments entrent dans une construction inversée. Ex. : bonnet blanc et blanc bonnet – «  Ces murs maudits par Dieu, par Satan profanés.. » (Hugo).

Les figures de l’amplification :

 

Il y a bien sûr tout d’abord la répétition pure et simple d’un mot ou d’une expression.
L’anaphore est la répétition d’un mot ou d’une expression en début de phrase, de vers, de paragraphe.
La redondance est le fait d’exprimer plusieurs fois la même chose mais d’une manière différente.
L'hyperbole est une exagération, une expression qui amplifie de manière exagérée une idée, un sentiment.
L'énumération est le fait de dénombrer, de faire la liste d’un ensemble de choses fini.
À ne pas confondre (même si la distinction n’est pas toujours évidente, voire possible) avec l’accumulation qui relève plus de la multiplication, de l’entassement : c’est une suite de mots ou d’expressions qui semble pouvoir être continuée indéfiniment.
La gradation dispose les termes d’un énoncé dans un ordre croissant (ascendante)  ou décroissant (descendante).

Les figures de l’atténuation :

 

La litote est le fait de d’exprimer de manière atténuée, voire négative l’expression de sa pensée (dire le moins pour exprimer le plus).
L’euphémisme est une manière atténuée d’exprimer une idée ou de parler d’une réalité. L’euphémisme s’exprime notamment par le biais de la litote.

ATTENTION : repérer une figure de style en soi n’apporte rien. Elle doit toujours être analysée, expliquée : il faut montrer son intérêt, ce qu’elle souligne ou exprime dans un énoncé !


[1] les procédés rhétoriques est une expression servant souvent à désigner un ensemble plus large de mises en forme.
[2] Le terme image souvent utilisé pour les figures de l’analogie montre bien que les mots employés dans la figure de style ne renvoient pas à la réalité telle qu’elle est exactement ; ils correspondent à l’image que l’on s’en fait.
[3] Figure structurelle : liée à la construction, l’organisation grammaticale.

Un minimum de vocabulaire théâtral

Un minimum de vocabulaire théâtral

Le théâtre est un mot qui vient de la racine grecque théa, « action de regarder », « spectacle, vue , contemplation » : il ne faut jamais oublier que le théâtre est une genre conçu pour être vu, joué sur scène.
Un acte est une division externe de la pièce en parties d’importance sensiblement égale, en fonction du déroulement de l’action.
Une scène est le terme désignant l’espace de jeu et ses dégagements, par rapport à la salle où se tient le public. C’est également la partie, la division d’un acte où il n’est prévu aucun changement de personnage.
L’exposition est l’ensemble des informations fournies dès les premières scènes pour permettre que la situation soit évaluée et l’action comprise.
Une réplique est une réponse à un discours ; riposte ; texte dit par un personnage au cours d’un dialogue.
Une tirade est une longue suite de phrases récitée par un personnage sans interruption ; elle s’adresse en général à un autre personnage.
Un monologue est une scène parlée, à un personnage : c’est un discours apparemment adressé à soi-même, ou à un auditoire dont on n’attend pas de réponse.
Le quatrième mur désigne le mur virtuel qui est supposé exister entre l'espace scénique, les personnages de la pièce et le public ; une interpellation directe du public fait tomber le quatrième mur (l'une des principales convention de mise dans le théâtre classique).
Parler de double énonciation revient à souligner la spécificité du schéma de communication qu'on observe au théâtre (mais aussi, par exemple, dans les romans épistolaires) : les personnages  parlent les uns aux autres mais, à un niveau supérieur, il ne faut pas perdre de vue le lecteur, également destinataire de leurs échanges (ce dont l'auteur a toujours conscience, lui qui nous parle plus ou moins entre les lignes).
Les stichomythies est un ensemble de répliques qui constituent un débat tragique, où les interlocuteurs se répondent de façon symétrique (vers à vers, ligne à ligne….)
La mise en scène est l’ensemble des moyens d’interprétation snique (snographie, musique, jeu…) ; activité qui consiste à agencer ces moyens. Articulation entre le travail d’un maître d’œuvre et celui de chacun des artistes qui concourent à l’œuvre ; transposition – et non traduction – d’une écriture dramatique en écriture snique.
Comédie : Action snique qui provoque le rire par la situation des personnages ou par la description des mœurs et des caractères, dont le dénouement est heureux. Exemple(s) : la plupart des pièces de Molière comme L'Avare, Le Malade imaginaire...
Tragédie : Action snique dont les péripéties sont mues par la fatalité et dont le dénouement est généralement funeste. Exemple(s) : tragédies de Racine (Phèdre, Andromaque…) ou de Corneille
Tragi-comédie : Action snique favorisant la mise en place d’un dispositif tragique, mais dont le dénouement est heureux ; pièce présentant un mélange des genres. Exemple : l'exemple canonique lontemps donné fut celui du Cid (1636-7) de Corneille... aujourd'hui souvent envisagée comme une tragédie.

Vous devez également connaître le sens de didascalies, de fatalité et de fatalisme...
Si vous voyez d'autres mots essentiels à connaître n'hésitez pas à les signaler. La liste n'est pas close et ne prétend pas à l'exhaustivité !

Lectures conseillées

Quelques pistes de lecture en vue de la classe de 1ère


Pou acquérir une culture littéraire un peu plu importante, voici quelques propositions classées par objet d’étude. Certaines lectures sont transversales c’est-à-dire peuvent relever de plusieurs objets d’étude – n° d’un autre objet d’étude parfois indiqué à la suite d’un titre, entre parenthèses. Pour ces œuvres évitez les collections telles que Librio ; privilégiez celles qui comportent des notes explicatives et une préface (à lire !).

(1)    Le personnage de roman, du XVII è siècle à nos jours
17è s.  La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, adaptations à l’écran récentes notables : 1999 : La Lettre de Manoel de Oliveira ; 2011 : Nous, princesses de Clèves de Régis Sauder
18è s.  Les Lettres persanes de Montesquieu (4) ; L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut de l’abbé Prévost (assez rapide à lire ; Jacques le fataliste de D. Diderot ; Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, adapté au cinéma par Stephen Frears comme par Milos Forman (Valmont)
19è  s. la liste des romans que vous pouvez lire est longue. Il serait bon de découvrir  a minima les auteurs suivants : Balzac, Stendhal, Flaubert, Zola, Maupassant et, bien sûr, V. Hugo. Propositions : Pour ce qui est de Balzac : La Fille aux yeux d’or qui fait partie de L’Histoire des treize, trilogie tout à fait abordable, ou Le Père Goriot, ou encore Une ténébreuse affaire, à moins que vous ne préfériez La Cousine Bette ou… Stendhal : Le Rouge et le Noir, pavé certes mais accessible ! V. Hugo, outre Les Misérables (très long), on peut lire L’homme qui rit ou Notre Dame de Paris, ou encore Le Dernier jour d’un condamné. Flaubert : Madame Bovary, l’incontournable ! Maupassant : Une Vie. Zola : Au bonheur des dames et L’Assommoir (entre autres) ou encore Thérèse Raquin.
20è s.  Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, Le Diable au corps de Radiguet, L'Attrape cœur de Salinger Le Sagouin de François Mauriac (facile), La Peste de Camus, L’écume des jours de Boris Vian, Zazie dans le métro ou Les fleurs bleues de Raymond Queneau, Le Ravissement de Lol V. Stein (exemple de nouveau roman) de Marguerite Duras, Les mémoires d’Adrien de Marguerite Yourcenar, La vie devant soi d’Emile Ajar (alias Romain Gary). Plus récents : Patrick Modiano, Annie Ernaux,  Marie N’Diaye, J-M. G Le Clézio, Yasmina Khadra, Tahar Ben Jelloun, Laurent Gaudé, Michel Houellebecq, Nancy Houston, Andreï Makine, Philippe Claudel …  sont des auteurs qui peuvent vous plaire.
Autres lectures fort utiles –y compris pour l’objet d’étude  4 - qui permettent vraiment de joindre l’utile à l’agréable : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (adaptation de F. Truffaut), Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley (et vous regarderez ensuite Bienvenue à Gattaca) ou encore : Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis et La Nuit des temps de René Barjavel.

(2)    Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIe siècle à nos jours
17è s. Les pièces de Racine [(3)], Corneille et Molière, sans modération.
18ès. La Dispute, La Double inconstance et/ou L’île des esclaves (4)  de Marivaux ; Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro (4)  de Beaumarchais.
19ès.  Hernani et Ruy Blas de V. Hugo ; On ne badine pas avec l’amour ou Lorenzaccio de Musset.
20ès.  Ondine et Electre de Giraudoux ; Huis clos (4) de Sartre : Les Justes (4)  de Camus ; Montserrat (4) de Roblès ; La Leçon de Ionesco ; Les Bonnes de Genet ; Fin de partie de Beckett ; Roberto Zucco de B-M Koltès, Michel Vinaver, Jean-Luc Lagarce…
21è s. : Incendies et/ou Forêts de W. Mouawad ; Le crime du XXIè s. d’E. Bond. (Production théâtrale très riche au XXe s.)

(3)    Écriture poétique et quête de sens
16ès. Poèmes de Marot, Ronsard, Du Bellay, Agrippa d’Aubigné… à petites doses pour commencer
17è s.  Fables, Jean de La Fontaine (4)
19è s. Parcourez sans hésitation les recueils poétiques de V. Hugo - Les Contemplations, Les Châtiments (4) -, de Baudelaire –Les Fleurs du Mal et Le Spleen de Paris-, de Rimbaud, de Verlaine –notamment Jadis et Naguère, La Bonne chanson.
20è s. Guillaume Apollinaire –Alcools, Calligrammes-, Paul Éluard (4), Louis Aragon, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Henri Michaux, Francis Ponge et bien d’autres …
Pour entrer dans certains univers poétiques et découvrir leurs auteurs grâce à une biographie romancée (et qui se lit vraiment comme un roman !) Je, François Villon (svt considéré comme le 1er des poètes maudits, auteur du 15 è s.)  et Ô Verlaine de Jean Teulé

(4)    La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVIè s. à nos jours
16è s. Discours de la servitude volontaire, Etienne de La Boétie – Les Essais de Montaigne : par extraits à piocher dans les manuels si cela vous intéresse (lecture ardue)
17è s. Maximes de La Rochefoucauld, Caractères de La Bruyère (et aussi : Pensées de Pascal mais difficile d’accès, à envisager par extraits, introduit et annoté comme dans les manuels)
18è s. Les contes philosophiques de Voltaire tels que Candide, L’Ingénu,  Zadig ou la Destinée. Le Supplément au voyage de Bougainville de Diderot.
19è s. Œuvres narratives et poétiques de V. Hugo
20 è s. La mort est mon métier de Robert Merle, Si c’est un homme de Primo, Le Liseur de B. Schlink (Film The Reader) Levi, Allah n’est pas obligé… d’Ahmadou Kourouma ; La question humaine de François Emmanuel ; La Question d’Henri Alleg ; Cette aveuglante absence de lumière de Tahar Ben Jelloun.

Il existe des collections qui proposent des anthologies et rassemblent des textes ; voici quelques titres si vous souhaitez réaliser des lectures tout particulièrement rentables en termes d’investissement/ profit –peu de temps et profit maximal-, à condition de lire les documents d’accompagnement (préface, commentaires brefs et intéressants) : dans la collection GF Étonnants Classiques, on trouve notamment : La Peine de mort (De Voltaire à Badinter) (4), Trois contes philosophiques (Diderot, Saint-Lambert, Voltaire) (4)