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mercredi 9 janvier 2013

Incendies de Denis Villeneuve

RéalisationDenis Villeneuve
ScénarioDenis Villeneuve
adapté de la pièce de Wajdi Mouawad
Acteurs principaux
Sociétés de productionMicro Scope
Pays d’origineDrapeau du Canada Canada
GenreDrame
Sortie2010
Durée130 minutes [Source : Wikipédia]


Nawal

 

La structure du film :

Partie 1 : Les jumeaux [Jeanne et Simon] : à la lecture du textament de leur mère, ils découvrent qu'ils ont un père et un frère encore vivants, auxquels ils sont supposés remettre une lettre. Colère de Simon. Époque actuelle.

Partie 2 : DARESH. Au pays d'origine de Nawal : séquences alternées de Nawal dont on découvre la jeunesse - l'enfant illégitime né au village et confié à un orphelinat -, l'éducation tardive, le retour sur les traces de " l'orphelin " en pleine guerre civile, si bien qu'elle ne parvient pas à le retrouver. Différence avec la pièce : dans l'une des premières séquences on nous montre les frères de Nawal tuant son amoureux Wahab (avec qui elle voulait s'enfuir). Leurs adieux déchirants et la promesse de chérir l'enfant à venir ne sont pas échangés comme dans la pièce.
Épisode sanglant du bus qui explose ; Nawal ne parvient pas à sauver une petite fille, abattue devant ses yeux. Elle n'est épargnée que parce qu'elle est chrétienne. Le pays est déchiré.

Partie 3 : Le Sud. Jeanne recherche activement son père qu'elle croit être Wahab. De retour dans le village de sa mère, elle apprend qu'elle n'est pas la bienvenue : sa famille a été frappée de la " honte ".

Partie 4 : DERESSA. Retour sur Nawal : "Je suis arrivée à la fin du massacre des réfugiés du camp de Deressa." Elle dit qu'elle veut " enseigner ce qu'elle a appris à l'ennemi."
Ellipse : elle est devenue le professeur particulier d'un enfant dans une famille aisée, protégée militairement. Elle tue le père en l'abattant presque à bout portant. Elle est alors emprisonnée dans une cellule minuscule, la fameuse cellule 72.

Partie 5 : KFAR RYAT - du nom de la prison où elle est restée quinze ans.
Jeanne visite la prison et rencontre un ancien gardien ; parlant de sa mère, il déclare : "C'est la femme qui chante (...). Elle a assassiné le chef des milices de la droite chrétienne. (...) Elle n'a jamais plié." Première évocation d'Abou Tarek, son tortionnaire ; propos tragique : "parfois il vaut mieux ne pas tout savoir." Mise en garde inopérante ! Abou Tarek "l'a brisée à répétition pour qu'elle arrête de chanter." Jeanne croit que la grossesse évoquée par le gardien - suite au viol de Nawal par son tortionnaire - explique la naissance de leur frère (paroles à Simon qu'elle tient au courant à distance).
Passé : Nawal en prison souffre.
Présent : Simon avec le notaire." J'vas chercher masoeur, c'est tout." Le notaire Jean Lebel l'accompagne : " une promesse, pour un notaire, c'set de l'ordre du sacré."
Passé (2) de Nawal au Canada : sur son lit de mort, murmurant au notaire des paroels inaudibles pour le spectateur. Puis au bureau, on le voit clore des enveloppes.
Passé de Nawal à Kfar Ryat (1) : Viol suggéré. Ellipse. Nawal enceinte. Ellipse. Accouchement. Le spectateur découvre qu'il s'agit de jumeaux. Enfants transportés de nuit à la rivière mais finalement sauvés pcq ce sont " les enfants de la femme qui chante."
Présent : Jean et Simon : arrivée au pays ; aide d'un notaire local grâce à Jean. Jeanne se rend à l'hôpital où travailel une infirmière qui a aidé sa mère à accoucher en prison. Révélation : elle a redonné ses enfants à Nawal Marwan quand elle sortie de prison. Enchaînement brutal avec la nage exutoire des jumeaux à la piscine.

Partie 6 : NIHAD. Passé (entre 1 et 2) : Courses d'enfants dans les rues pleines de décombres : enfants dégommés par u nsniper isolé qui tire du haut d'un immeuble. Mystère.
Présent : Info. recueillies sur l'enfant abandonné à l'orphelinat de Kfar Kout : Nihad. Pas d'adoption. Sur ses traces... : cheminement des enfants qui marchent sur les pas de leur frère et de leur mère.Chef de guerre qui a détruit cet orphelinat : Chamseddine, toujours vivant. Ils vont au camp de Deressa afin de trouver "Nihad de Mai ", fils de "la femme qui chante ". reprise notable de ces expressions de Wajdi Mouawad, qui contribuent à la force lyrique de l'oeuvre.
Passé (1) : Nawal dans une voiture. Un homme parle : " Tu as besoin d'aide. (...) Je serai toujours là pour toi et tes enfants."

Partie 7 : CHAMSEDDINE
Rendez-vous fixé à Simon qui doit s'y rendre les yeux bandés. Chamseddine a bien connu Nawal qui a travaillé pour lui. Tête à tête des deux hommes. À propos de l'orphelinat : "J'ai épargné les enfants (...) Nihad était parmi eux. (...) à part (...) un tireur redoutable (...) Devenu un fou de guerre, devenu franc-tireur, le plus dangereux de la région. " Fait prisonnier, il a été formé et est devenu un bourreau dans le camp des chrétiens. L'entretien se poursuit.
Séquence : Simon et Jeanne : 1+1 = 1
Passé (2) Nawal à la piscine, quelques années  avant sa mort : elle reconnaît son bourreau comme étant également son fils : il porte les marques que la grand-mère de Nawal lui avait faites au pied. Diiférence avec le livre dans le mode d'identification du fils ; il n'est pas question de procès ici, comme si le bourreau avait pu continuer à vivre en toute impunité. Plongée dans le silence dont elle ne sortira que sur son lit de mort pour donner ses instructions testamentaires.
Présent : retour sur la révélation de Chamseddine : Nihad de Mai est Abou Tarek. Il vit au Canada sous une nouvelle identité (la boucle est bouclée !).
Jeanne et Simon retrouvent Nihad et lui remettent les lettres
Jeanne et Simon chez le notaire prennent connaissance d'une lettre qui leur est adressée : la Lettre aux jumeaux. Une promesse : celle de " briser le fil de la colère " (dans la pièce de théâtre c'est une promesse que Nawal fait à sa grand-mère en acceptant d'être instruite). Leitmotiv de la pièce exprimé : " Rien n'est plus beau que d'être ensemble."
Séquence finale : le cimetière ; l'inscription sur la pierre ; acte final qui signifie le repos de Nawal et la réconciliation des générations.

Les promesses ont été tenues !

mercredi 12 décembre 2012

Ai Weiwei Never sorry

Un documentaire passionnant qui permet de participer à l'histoire en train de se faire et de découvrir la manière dont les artistes peuvent contribuer, à travers leur art, à changer le monde dans lequel ils vivent.
Ai Weiwei est un exemple vivant d'artiste engagé : sa vie et son oeuvre sont devenues indissociables de cet engagement, ce que le documentaire montre fort bien.

Image emblématique d'une exposition faite à la Tate Modern Gallery de Londres : celle d'un artiste au milieu des 100 millions de graines de tournesol factices - en porcelaine - qu'il a fait peindre  la main et qu'il jette en l'air devant une assemblée de photographes. Les graines, tout à la fois semblables et dissemblables,  à la grâce de son geste, prennent leur envol et forment une nuée... Que symbolise chacune de ces graines ? Pourquoi composer un champ de graines dans un musée si ce n'est pour rappeler la multitude des possibilités qui sont offertes à l'homme, rappeler que nous vivons dans un monde de possibles, et communiquer, de manière symbolique un message optimiste ?

Le combat d'Ai Weiwei a pour principal but de défendre la liberté d'expression. On voit cependant , à travers ce documentaire, que tous les droits fondamentaux auxquels l'individu peut prétendre sont également en jeu : le droit au respect, le droit à la protection des enfants (et des citoyens en général) dont l'État a la responsabilité, le droit de défense ou de réponse : la possibilité de défendre ses droits devant la justice etc.

Pour rappel et info. :

Il est devenu la " bête noire du régime chinois " ; pour preuve : " Son soutien aux victimes du séisme lui a valu un tabassage en 2009. Ses dénonciations incessantes l'ont transformé en bête noire du régime et mené en prison. En avril 2011, Ai Weiwei est arrêté au motif fallacieux de "crimes économiques". Détenu au secret pendant 81 jours, il est relâché sous la pression internationale. Libéré sous caution, il se voit condamné pour "fraude fiscale", à une amende exorbitante de 15,22 millions de yuans (1,7 million d'euros).  
Son passeport confisqué, il est depuis interdit de sortie du territoire. Sa maison atelier de Pékin est sous la surveillance constante des caméras. Mais les expositions qui lui sont consacrées se succèdent, de la Tate Modern de Londres à la Biennale de Sao Paulo et au Jeu de Paume à Paris... Ai Weiwei, devenu le symbole de la liberté d'expression , sera l'un des quatre représentants internationaux de l'Allemagne, à la Biennale de Venise de juin 2013."
Source : http://www.lexpress.fr/culture/cinema/3-choses-a-savoir-sur-ai-weiwei_1195063.html

Dans l'attente d'une critique d'élève... Donnez-moi votre compte-rendu pour les vacances de Noël : ce sera mon Kdo !!

lundi 12 novembre 2012

La Dame en noir

Affiche La Dame en noir

The Woman in black, réalisé par James Watkins en 2011, est sorti le 14 mars 2012 sur nos écrans.


Les acteurs principaux sont : Daniel Radcliffe (Arthur Kipps), Ciaran Hinds(M. Daily) et Janet Mc Teer (Mme Daily). 
Ce film qui relève de l'épouvante, du thriller et du drame, met en scène un homme veuf qui se rend dans un manoir hanté : plusieurs apparitions fantomatiques le surprennent dès le début comme pour le prévenir d'un terrible malheur, lui faire peur, l'obliger à s'en aller et à ne plus revenir.

Lors d'une séquence, le réalisateur utilise deux plans inversés pour l'apparition de l'esprit. Le premier nous montre le personnage principal, Arthur, de face. Tandis qu'il s'occupe de certains papiers sur une commode, la Dame en noir apparaît de dos derrirère lui, et se retourne lentement pour le regarder. Au deuxième plan, Arthur fait tourner une sorte de cercle où défilent des images de dessins animés - une lanterne magique - ; les yeux de la femme apparaissent tout à coup entre les images, elle fixe encore le jeune homme, celui-ci sursaute pour se détacher de son regard froid et diabolique.
Cette séquence nous prouve que cet esprit suit le notaire et ne le lâche pas des yeux une seule seconde quand il se trouve dans sa propriété, ce qui inquiète particulièrement le spectateur, qui reste sur ses gardes de peur d'être surpris. De plus, les expressions vides de l'esprit le rendent encore plus réel et effrayant.

Ce film m'impressionne tout d'abord par son histoire certainement inspirée de faits réels (?). Elle a été bien construite, correctement structurée mais surtout magnifiquement bien interprétée, pour permettre au spectateur de ne pas l'oublier. Il n'y a pourtant pas de musique effrayante ou bien spécifique au film qui pourrait rester en tête. Chaque apparition fantomatique est crainte et terrorise, le réalisateur a su garder le mystère de cette histoire qui est ainsi dévoilée peu à peu, et qui entraîne le spectateur dans un monde étrange et terrifiant. L'acteur prinicpal, Daniel Radcliffe, interprète un jeune homme courageux et déterminé à en savoir plus sur cette maison hantée. C'est d'ailleurs son courge qui fait évoluer l'histoire. le réalisateur a ainsi donné à son historie un lieu, un contexte effrayant assez populaire : la maison hantée, un esprit frappeur, certains objets de films d'épouvante comme des poupées ou bien des jouets d'enfants. Peu importent les peurs de chacun, chaque spectateur finira par avoir peur. (Oriane S.)

lundi 20 août 2012

Anurag Kashyap, un réalisateur majeur du cinéma indépendant indien

Gangs of Wasseypur  - Part 1, 2h40, sortie : 25 juillet 2012

Le film Gangs of Wasseypur s'ouvre sur les agissements d'un bandit légendaire qui braque les trains sous l'occupation britannique en Inde : Sultana.
Le destin de Sardar Khan, le personnage principal de cet opus, est régi par la vie que son père a menée. En effet, une fois adulte, il n'a de cesse de se venger des affronts que son père a subis, que ce soit de Sultana ou de Ramadhir. Tandis que la famillle de Sultana forme le clan des bouchers, Ramadhir et son fils ont la main mise sur les mines de charbon.
Un homme seul, assoiffé de vengeance, face à deux clans tout puissants, telle est la donne de cet "opus magnum" (1) qui parvient à enchaîner des séquences dans des registres extrêmement variés, tantôt épiques, tantôt lyriques, ou encore satiriques, et souvent teintées d'ironie, notamment grâce à la partition musicale - et aux textes chantés. Usage subversif des codes du "Hollywood masala" (2), ancien nom de Bollywood entre autres caractérisé par son mélange des genres (ou mélange d'épices), l'importance accordée à la famille et le recours à la musique et à la danse...
Deux clans, deux femmes, deux foyers... rien ne semble effrayer Sardar Khan, aussi avide de jouir de la vie que de se venger. Et tant que ce credo reste le sien, rien ne peut l'arrêter dans son ascension qui fait de lui le chef mafieux le plus redouté de Dhanbad. Il appartient à cette sorte de héros qui ne doivent pas rentrer dans le rang. Incarnation vivante d'une Furie vengeresse qui, une fois repue, doit céder la place à une autre !

Bien que ce film relève de la fiction, il s'inspire de faits réels qui prennent pied dans une histoire, celle de l'Inde en construction, tant sur le plan économique que politique. La caméra, souvent mouvante, inscrit les personnages dans un univers réaliste dont la noirceur, la dureté comme les couleurs et les traditions sont partagées avec le spectateur.

Le premier volet s'achève sur une séquence magistrale qui n'a rien à envier aux meilleurs westerns pas plus qu'aux films du Nouvel Hollywood mettant en scène la mafia américaine.

Un film globalement réussi, qui embarque le spectateur dans une fresque dont il ne peut qu'attendre la suite.


                                                   Manoj Bajpai qui interprète Sardar Khan

 ANNEXE :

Anurag Kashyap, un parcours à découvrir : "auteur-réalisateur-producteur-acteur" (1)
Quelques oeuvres notables dans une production déjà prolifique pour ce réalisateur né en 1972

 En tant que réalisateur :
2007 Black Friday
2009 Dev. D et Gulaal
2010 Mumbai Cutting
2011That Girls in Yellow Boots
2012 Gangs of Wasseypur, saga de 5h20 en deux volets, 2è prévu en déc. 2012

En tant que scénariste :
Satya de Ram Gopal Varma
Water de Deepa Mehta
Yuva de Mani Ratnam

En tant que producteur :
Udaan, 2010 ; Peddlers de Vasan Bala
Coproducteur de  The Lunchbox, 2012, de Ritesh Batra

Sa maison de production : Anurag Kashyap Films pvt ltd
 Il a "contribué à créer Phantom Films pour produire des films davantage centrés sur le scénario que sur les stars" (comme à Bollywood en général). (1)

Sources :
(1) Les Cahiers du cinéma, mai 2012. Article traduit de l'anglais de Meenakshi Shedde.
(2) Dictionnaire Mondial du Cinéma, Laroussse, éd.° 2011, article "Bollywood"
Pour une filmo. complète : http://en.wikipedia.org/wiki/Anurag_Kashyap_(director)

 

vendredi 17 août 2012

Laurence anyways de Xavier Dolan, 2012



Je ne connais pas la filmo de Dolan, du moins n'ai-je vu aucun de ses autres films.
Quelle belle surprise !

Imaginez un cinéaste capable de vous plonger dans une époque passée et pourtant récente sans la rendre désuète, de nous faire partager le vécu de ses personnages en exploitant les tubes des années 80/90 sans susciter de nostalgie... bref, rien à voir avec Potiche d'Ozon (dans un tout autre registre il est vrai, mais également très touchant).
Le réalisme ne cesse de flirter avec une perception singulière de la réalité que des plans esthétisants et symboliques rendent sans peine, tel le tourbillon des feuilles d'automne que la photographie tirée du film (ci-dessus) illustre. Le temps alors s'arrête et communique, par des images (et du son !), des sentiments que nous serions bien en peine de nommer exactement. Autrement dit l'image véhicule tout un monde en se passant des mots et la magie du cinéma opère !
Les acteurs sont excellents, même si le jeu outré de Suzanne Clément me touche moins que celui, plus retenu des autres acteurs principaux. Saluons Mélvil Poupaud, plein de grâce, mais aussi Nathalie Baye qui semble avoir parfaitement intériorisé le personnage de cette mère complexe, et décomplexée dans sa relation avec son fils.
Une seule question - qui n'a strictement rien de cinématographique- m'a taraudée une bonne partie du film : pourquoi une femme née dans le corps d'un homme n'a-t-elle de relation amoureuse qu'avec des femmes, sans jamais se déclarer lesbienne (du moins je ne crois pas) ? Est-ce une manière de nous faire sortir des ornières et de faire sortir le specteur de sa vision sexuée de l'humanité ?

Un film à voir, un réalisateur à suivre.... d'autres bien sûr l'ont sans doute perçu dès son premier opus : J'ai tué ma mère.